4 - La rue Louise-Dory

La rue Louise-Dory se trouve au cœur des Bas Pays et donc de l'aventure de l'industrie pharmaceutique.

 

BOUGE DANS TA VILLE
Boucle des parcs
Repère n°4

 

Cette rue est la partie basse du très ancien chemin vicinal n°5, le chemin du Trou Vassou. Elle prend en 1929 le nom de Louise-Dory, une bienfaitrice de la commune, descendante d'une très vieille famille romainvilloise.

 

A la fin du 19e siècle, sur 268 hectares de superficie communale, 256 sont encore cultivés. Cependant, les ressources du sous-sol, la présence de voies de transport (canal de l’Ourcq, chemin de fer et route vers l'Allemagne et la Flandre)  ainsi que la œuvre abondante favorisent l’industrialisation des Bas-Pays. Les cartes postales anciennes témoignent de la transformation progressive du paysage, d'abord rural. Les vergers vergers, cultures légumières et maraîchères, champs et clôtures se maintiennent d'abord quand les premières industries (fonderies, fabrique de vernis) s'installent. Dès 1900, le quartier voit s'élever usines et constructions individuelles.

Dès lors, la population des Bas-Pays s’accroît. Un quartier ouvrier se forme rapidement, avec certainement une grande part d'auto-construction. Le bâti est souvent modeste mais sa diversité confère au site un cachet pittoresque assez agréable. C'est l'urbanisation pavillonnaire du coteau. On relève l'originalité de certains pavillons.

Entre 1921 et 1926 la population du quartier passe de 891 à 1349 habitants. Une école, baptisée elle aussi Louise-Dory, est ouverte en 1928 pour les enfants du quartier.

Si le bâti individuel se multiplie, les premiers logements collectifs apparaissent dans les années 1930. La Sémaroise édifie à cette époque 89 logements dits « habitations à bon marché » (HBM) à l'angle de l'avenue Gaston-Roussel et de la rue Louise-Dory. Les premiers logements sociaux de Romainville.

 

L’office public d’HBM voit le jour en 1936 et devient l'office public d'habitations à loyer modéré (OPHLM) en 1954. A cette date, Romainville compte 19 217 habitants.

Dans les années 1960 naissent les grands ensembles collectifs, comme les cités Parat et Langevin. Près de 400 logementssont construits dans le secteur entre 1961 et 1965.

 

La rue Louise-Dory se trouve au cœur de la zone industrielle des Bas Pays. L'entreprise Roussel-Uclaf occupe en effet, à partir de 1924, la partie ouest de la rue.

Au 20e siècle l’industrie pharmaceutique, puis l'industrie chimique, se développent dans le secteur. Cela est notamment dû à la  proximité des abattoirs de la Villette. Le traitement des os, des peaux, du sang, des bas-quartiers permet la manufacture des colles, gélatines, savons puis de médicaments.

L'usine Carnine-Lefrancq du Docteur Fumouze est pionnière. Elle produit  en 1902 un fortifiant à base de sang de bœuf contre l'anémie, le sirop Deschiens.

 

En 1911, Gaston Roussel, propriétaire à Romainville, docteur en médecine et diplômé de l’École vétérinaire, crée l'Institut de sérothérapie hématopoïétique (ISH). Les premiers bâtiments sont construits entre la route nationale 3 et la route de Noisy. Dans ces locaux, qui n'existent plus, sont conçus les premiers sérums et fortifiants.

Les premiers ateliers de prélèvements sanguins sont installés auprès des écuries du Service de nettoiement de la Ville de Paris, qui comptent près de 1000  bêtes en 1926.

En 1928, le docteur Roussel, en collaboration avec des chimistes, biologistes et pharmaciens, fonde l'Union chimique des laboratoires associés français (Uclaf) pour le développement de la recherche chimique au sein du groupe Roussel. 2000 ouvriers et techniciens sont employés sur un site de 7 hectare.

Le bâtiment Pasteur est inauguré en 1930. Ateliers, entrepôts, garages, réfectoire, chaufferie et château d'eau. sont construits autour Pour répondre à une production croissante, l'Uclaf et l'ISH construisent de nouvelles écuries. La cavalerie de 1400 chevaux nécessite l'installation d'un manège et d'enclos pour le pâturage. Ces aménagements confèrent au site l'aspect d'un gigantesque haras normand. La construction d'une entrée monumentale marquée par un porche sous pavillon orné d'un colombage, ainsi que par une tour de l'horloge insolite et pittoresque, parachèvent cet ensemble.

 

 

 

En 1942, un grand centre de recherches pharmaceutiques s’installe à Romainville. C'est la naissance du groupe Roussel-Uclaf. Au milieu des années 1960, près de 4000 personnes travaillent sur le complexe qui couvre jusqu'à 25 hectares.

Avec 14 500 emplois sur trente sites en 1982, Roussel-Uclaf détient un véritable empire pharmaceutique. De nouvelles constructions sortent de terre scesse à Romainville. En 1990 un bâtiment pour la division santé et un parking de mille places voient le jour.

Le groupe allemand Hoescht devient actionnaire majoritaire en 1993. Avec la constitution du groupe international  Hoescht-Marion-Roussel (HMR) en 1995, des restructuration sont effectuées ; le siège social de l'entreprise est transféré sur le site. Cela entraîne la construction d'un nouveau bâtiment, qu'on nomme Marie-Curie ; en verre et métal, il a la forme d'un fer à cheval.

La fusion de HMR et Rhône-Poulenc en 2000 entraîne la création d'Aventis-Pharma qui devient Sanofi-Aventis.

 

 

Aujourd'hui c'est le parc technologique Biocitech qui occupe le site. Il bénéficie de 30 000 m2 de laboratoires et 8 000 m2 de locaux annexes. La vocation tertiaire du site s'est par ailleurs accrue et le siège d'Est Ensemble y a été installé.